Journaliste !? Ca va pas la tête ?

Un post en forme d’oral des écoles de journalisme →mode cynique à mort on←
Attendez un peu là. Pourquoi je veux être journaliste ? je trouve que vous allez un peu vite en besogne. Et d’abord faut-il le vouloir ? Ne l’est-on pas dans l’âme avant de l’être dans la vie ?
Non, bien sûr. Arrête avec les utopies tout de suite. (Mais qui ne veut pas du rêve ?)
C’est avant tout un métier. Mais il faut sans doute de la passion pour compenser l’état des médias aujourd’hui.
(et là, s’ensuit tout le baratin sur la mort des journaux,
l’émergence de l’information sur le Net, … voir Bernard Poulet, Enikao, Novövision, … EDIT le 2/07 dans l’aprem: Ceux-ci proposent leurs réflexions sur les modes d’information, les évolutions des médias. Ils sont beaucoup plus constructifs que moi dans ce poste. N’hésitez pas à consulter les billets du premier et les archives du deuxième.
Faisons donc une brève longue parenthèse pour préciser :
- que la mort des journaux ne semblent pour l’instant pas avoir été prise en compte par la plupart des acteurs de ce secteur
- et qu’à part nous les journalistes ou futur – J, tout le monde s’en fout. Il y a comme une idée persistante d’un avenir indégradable de la presse. Elle sera toujours là. A voir… enfin bref, c’est un débat de journaleux tout ça )
Admettons que je veux être journaliste. Payée une misère, en stage, après … 6 / 7 ans d’études… mais payée à écrire, à parler, à tourner… et c’est ça que j’aime ! Bon, d’abord, il faut trouver un boulot.
Et non, je n’ai pas d’expérience, à part un stage à la télévision.
Et non, je ne dirai pas que si on continue à me répondre ça, je n’aurais jamais d’expérience. C’est un argument un peu facile.
Mais qu’est-ce qu’il m’a apporté, le stage que j’ai fait, à la télévision ? Ahaha… Vous voulez vraiment savoir ? L’adrénaline, celle du direct, l’envie, toujours plus grande, de parler / présenter – pourtant c’était vraiment pas moi, la présentatrice. Moi je n’étais qu’une minuscule fourmi dans une ruche. C’est dire.
J’ai surtout pris conscience de la vacuité d’un tel job : qui t’écoute ? qui te regarde ? qui a envie de t’étriper parce que ton émission est nulle et ressasse mille fois les mêmes vieux sujets éculés ?
Quelle arrogance on a à croire qu’on a des choses à écrire / dire et publier…
Et s’ils veulent savoir pourquoi je suis si noire, pourquoi je parle comme ça du métier que je veux exercer, je leur dirais : que les journalistes écrivent et parlent trop, qu’à un moment, les travers de leur métier leur sortent par les yeux. Qu’alors ils se saisissent de leur plume et – selon l’expression consacrée – attaquent d’un trait assassin leurs collègues et les pratiques coutumières… Bah oui, sauf que ça sert à quoi de toujours ressasser ? Dans ce cas-là, devenez sociologue, ça a bien marché pour un gars, il s’appelle Bourdieu, allez-y donc voir…
Peut-être aussi qu’il ne faudrait pas passer sa vie à faire ce boulot. Tant qu’à devenir cynique, autant aller gagner de l’argent dans des boîtes de com’ ou des chambres de commerce. Mieux ! Se recycler dans l’écriture au service des politiques. Beaucoup le font, d’ailleurs.
Pourquoi encore une école – après un an de prépa, 5 ans à Sciences Po ? C’est un des trucs qui m’a frappé cette année, dans la bouche d’une prof. Bah, oui, pourquoi s’obstiner ? Je sais parler et écrire français, je sais réfléchir dans le bon ou le mauvais sens et parfois même, j’ai des idées un peu sympa. Bah oui, mais n’empêche, question de… je sais pas, envie d’apprendre toujours ? de disposer de plus d’outils techniques ? Besoin d’un réseau ?
Et le net change tout ? Non, pas encore. Peut-être. Encore un débat de journaleux. Tiens, si on parlait du coût des nouvelles technos ? Dans leur jargon, y’en a qui nous bassinent en disant qu’un Iphone, c’est tellement bien, après on est un MoJo… comprenez Mobile Journaliste. Ca fait mieux en anglais, tu vois.
Ouais. Mais bon, hein, je serais sans doute pigiste pas mal de temps et mes parents en ont marre de payer à ma place. Alors le forfait à 40 euros + tél hors de prix + énoooorme quantité de temps passé à squatter la toile… En fait on pourrait presque se payer un voyage avec. Non ?
Mes centres d’intérêts, mes centres d’intérêts… J’aime la bande dessinée, les livres, le basket, la musique. Pourquoi ? Vous n’en avez pas marre de poser des questions, dites ? Surtout qu’on s’en fiche, parce qu’à part vous, ça intéresse pas grand monde. Hop, tiens. J’aime bien Renaud. Ca façon de jouer avec les mots. Et oui, ces derniers albums sont pourris et c’est un ancien alcoolique et il n’a jamais retrouvé la flamme qu’il avait avant… je m’en fous j’aime. J’ai droit, là, sans produire d’analyse compliquée et d’arguments raisonnés ?
Encore deux questions et je vous laisse tranquille :
c’est quoi vous, le livre ou / et le film qui vous a le plus marqué, ces derniers temps ? Ah. Là, oui, je mets du temps à trouver. “Ces derniers temps”. Hum. Je pense pas que les œuvres marquantes se créent / se trouvent / se voient dans “ces derniers temps”. Je crois que parfois on trouve un petit bout de pépite dans des petits trucs et puis d’autres choses ailleurs. Et citer un truc comme ça ? Et puis là j’ai brusquement réalisé que ça faisait longtemps ! Très longtemps ! que je n’avais pas vu / lu quelque chose de marquant.
Alors des idées ?
Et ma deuxième question : dans le panorama des journalistes d’aujourd’hui, avez-vous un modèle ? Franchement, moi… non. Et vous ?
→mode cynique à mort, off←
Stockholm






Retour de vacances
un peu de nostalgie
La Suède, grand pays, 2 millions d’habitants = Paris et sa région. Autant vous dire qu’on se sent à l’aise, dans la capitale… Quand on marche dans la rue : attention aux vélos, les gens vont au boulot, ils dévalent les pistes. Si tu es piéton, reste de ton côté du trottoir.
Quelques voitures, un quartier touristique – Gamla Stan. En très vite, les cartes postales, les boutiques de bibelots et puis quand même le palais royal. Va vite voir l’hôtel de ville ( Stadshuset), majestueux, au bord de l’eau. Son jardin, tranquille, fait rêver quand tu connais celui de la ville de Paris.
Juste à côté de Gamla Stan, prends l’apéro à Riddarholmen. Il n’y aura que toi, l’église où sont enterrés les rois et reines de Suède et l’eau… Apaisant, c’est le mot.
Et puis… A Södermalm, tu te balades, tu as l’impression d’avoir toujours vécu là. Des grandes rues. D’un coup, la ville t’apparaît à perte de vue. Regarde à gauche, c’est le lac Malären. Quelques îles dessus, tu apercois Langhölmen. Tu y trouveras la nature, des plages. L’eau est fraîche et bonne.
A ta droite, la mer baltique. Tu apercois Skeppsholmen. Toute petite et dessus, le musée d’art moderne et des sculptures de Niki de St Phalle. Encore plus loin, Djürgarden, ces musées, son parc d’attraction…
C’est cher, Stockholm. Tant qu’à faire, prends la carte de l’office de tourisme, parce que rien que le métro, c’est 3 euros l’aller simple. Si tu rajoutes de quoi manger, ton hôtel et des musées… et puis dans la carte, tu peux faire un tour en bateau. Je suis passée sous les ponts de Stockholm… j’ai vu au loin combien il restait d’îles à explorer (beaucoup), j’ai vu les quartiers des riches, les anciennes friches, réaménagées… L’ex-village olympique qui n’a jamais servi, puisqu’Athènes a été sélectionnée. Des baies vitrées partout : en hiver pas de soleil. Alors les habitants font des provisions l’été.
Et du soleil, il y en a eu ! Le matin, sur mon bateau-auberge de jeunesse (Red boat Malären), je prends le petit-déj en terrasse. Et quand je vais sur la plage je prends des coups de soleil ! Avant midi, c’est l’heure de pointe, ça brûle… Du soleil jusqu’à 23 heures au moins. Et la nuit ne fait qu’une apparition, à 2h30 du matin, c’est déjà fini…
Du soleil, de l’air, des arbres. Des oiseaux. Pas de pollution. La paix, le calme.
J’y retournerais.








Ils sont là. Qui ça ? Qui ça ? Nous.

Ça y est, on revient à la vie normale.
Après un an de fichage du Monde intensif, un Celsa en mars, et quelques jours de concours en juin (Cuej et IPJ – CFJ – ESJ), voilà qu’on se trouve face à l’inconnue : l’aura, l’aura pas ?
Une année au goût un peu gaché par l’impression de brasser encore des idées très générales, quand j’aurais voulu découvrir les rédactions lyonnaises : Le Progrès, Libélyon, RCF… Une année où j’ai vraiment pris conscience qu’école ou concours ne font pas tout. Que souvent l’université / l’IEP sont trop lourds pour proposer des projets innovants. Comment faire pour aller plus “au-dehors”, dans le monde dans lequel les “vraies gens” vivent ? Quelles relations pourraient-on construire entre le monde académique et vous, les gens, qui travaillez ?
Vivement les 5 mois du Master 2 : que des intervenants extérieurs, des sujets à ne plus savoir qu’en faire, de la radio, de l’Internet !
J’en suis presque à me dire : hop ! direct dans la vie active, j’apprendrais plus !
D’ici là, retour au blog…
Le post pour ne pas lire les analyses des élections européennes demain
J’ai pas eu le courage de lire tous les articles écrits sur les élections européennes. J’ai pas eu le temps de trouver des trucs intéressants à dire dessus. Je suis d’accord avec un bon nombre de personnes pour dire… sans proposer autre chose, que l’Europe, c’est chiant.Et ça va m’énerver, demain, les articles dans la presse, tellement ils sont prévisibles. Alors, je vous en donne un aperçu, en avant-première :
Une abstention record : ce sera le titre majeur.
Mieux ! on aura : Un sursaut de mobilisation pour les élections européennes… Le pourcentage de la participation aura dépassé de quelques points les pronostics initiaux.
Une poussée des extrêmes : ce sera un encadré.
Mais c’est pas grave. Mangés par les votes par le consensus, au Parlement, bientôt, ils disparaîtront.
Les français sont des c*** : ce sera le fond de la pensée de plusieurs chroniqueurs. Je soupçonne quelques uns de mes compatriotes de n’aller voter que pour leur donner tort, mais de voter Libertas, du coup.
Peu de ferveur pour les élections européennes : ce sera le constat, après avoir été la rengaine des derniers éditos avant l’élection. Un titre possible : “Eléctions européennes : le débat manqué”… ou un truc comme ça.
Un présidentiable en puissance : ce sera l’analyse du destin de nos hommes politiques français. François Bayrou ayant un bon staff relations presse, il refera la Une des quotidiens “chrétiens-dém” : La Vie, La Croix… qui sait, peut-être Télérama… Comme avant l’élection.
Un vote-sanction : peut-être même qu’on subira l’analyse “les Français ont voté contre…” avec au choix derrière : le PS, l’UMP, Sarkozy …
Et dans deux jours, on aura tout oublié.
Et, non, les photos n’ont aucun rapport avec le sujet.
EDIT 8 juin :
J’avais oublié une question fondamentale : Martine Aubry reste-t-elle à la tête du PS ? (France Inter l’a posé et elle a fait l’objet de nombreux commentaires avant l’élection)
Et je n’avais pas pensé à :
- Les droites en avant, les verts derrières… PS et Bayrou paumés loin derrière
- Voilà la juste remarque de ce matin, sur Twitter : 81% d’abstention chez les 18-31 ans… donc de toute façon, la “victoire” de telle ou telle formation ne signifie pas grand chose.

Le journalisme (web) est mort. Vive le journalisme web.

Ces dernières jours, le Net bruit d’une polémique sur les conditions de travail des journalistes-Web. En cause, un article de Xavier Ternisien, sur “Les forçats de l’info” paru dans Le Monde du 26 mai 2009. Si vous n’êtes pas abonné, il raconte :
Que les webjournalistes ont un nouveau surnom : “les OS de l’info”, selon un bouquin de Bernard Poulet, La fin des journaux et l’avenir de l’information paru chez Gallimard, ou encore journalistes “low cost”. Et de citer un journaliste de L’Express :
ils sont alignés devant leurs écrans comme des poulets en batterie
Définition du poulet de batterie journaliste ? : un jeune, moins de 30 ans, geek, au parcours précaire, sous-payé, exploité (j’exagère à peine).
Un constat : le web-journalisme est une profession sous-représentée dans les instances syndicales. Lors de Etats Généraux de la presse, le Syndicat national des journalistes (SNJ) s’était pourtant inquiété des “conditons économiques et sociales indignes” dans les rédactions des sites Web. Sylvain Lapoix, journaliste au site Marianne2.fr s’empare d’ailleurs de l’occasion pour proposer la création d’une association pour le Développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique (DJIIN). L’objectif serait de pouvoir discuter des enjeux auxquels font face les journalistes sur le Net : quel statut, quelles pratiques, quelles évolutions ?
L’article a provoqué des torrents de commentaires sur Twitter, parce qu’il met l’exergue sur la précarité exacerbée du métier : du 24h sur 24, peu payé et où la rapidité prime sur la fiabilité. Et puis on sent X.Ternisien un peu condescendant…
Pourtant, les “vieux” journalistes interrogés, à savoir Eric Mettout, le rédac-chef de L’Express.fr ou Johan Hugnagel de Slate.fr soulignent tous que le Web est un formidable espace de liberté (combien de fois va-t-on devoir le répéter…). C’est d’ailleurs la conclusion de l’article : ceux qui ont goûté au Web sont accros !
Ce qui me gêne plus, c’est que les lecteurs “papiers”, moins familiers du Net que d’autres, pourraient garder une image très négative d’Internet, comme d’un espace de non-droit dans lequel circulent des informations de moindre valeur que dans les journaux “traditionnels”.
Maintenant, je trouve assez drôle le constat d’un emploi massif de stagiaires. Ah bon ? Mais c’est comme ça partout ! C’est d’ailleurs un sujet qui a du mal a percer dans les médias. Plutôt que de stigmatiser les rédactions Web, parlons un instant des institutions publiques (les stagiaires des ambassades, nombreux, ne sont pas indemnisés) ou encore des boîtes de com… et on pourrait démultiplier les exemples. Ainsi, chez Publicis Consultants, on était au moins trois stagiaires par service, à assurer une présence pendant les vacances ou la veille de noël… Le fait que nombre d’entreprises se servent de “l’armée de réserve” des jeunes qui cherchent à se faire de l’expérience n’est pas nouveau. Arrêtons de jouer les innocents, s’il vous plaît.
Bref, tout ça pour dire que cet article fait des remous, sur la toile. Pour preuve :
- vous trouverez le coup de gueule d’Eric Mettout, là. Et la suite de sa réflexion un peu plus loin. Il vous permet de suivre les réactions d’autres blogueurs z’et journalistes, notamment Samuel Laurent, du Figaro, qui propose un long témoignage / analyse de la situation… Qui est bien mieux écrit que ce billet.
- Et celui de Rue89, ici. Il y a plusieurs liens intéressants à la fin de leur “réponse”, ainsi qu’une forme de modèle économique, puisqu’ils vendent un mug “forçat de l’info”. A quand le badge / le poster lolcat forçats de l’info / le tee-shirt ?
- Sur Twitter, @fabienland me signale que Colombe Schneck a invité Eric Mettout, ce matin (émission du jeudi 28 mai). Vous pouvez réécoutez en podcastant “j’ai mes sources”.
Conclusion : y’a du boulot. Quand même.
Pourquoi s’informe-t-on ?
Au delà des plaintes continuelles sur la mort du modèle / la mort de la presse écrite / la mort du journalisme tout court, on constate rapidement que chaque personne construit son propre chemin vers l’info.
Même si, sur Internet, il faut trouver ces marques :
- quoi lire, à quel rythme, combien de sites, information / blogs ? La multitude des chemins possibles peut faire perdre beaucoup, beaucoup de temps, et rend plus rare encore les sites des très bonne qualité dans le fouillis des pages qu’on pourrait consulter. Allez-donc voir ce qu’en pense Aliocha, une journaliste.
- Et ce n’est pas la solution miracle : comment paye-t-on les journalistes ? Comment trouve-t-on son audience ? Et ce dans un contexte où on sait qu’on ne peut / ne veut pas dépendre de la publicité et que les gens n’ont pas forcément envie de payer, puisqu’ils peuvent trouver, sur un autre site, l’info gratuitement.
- Mais Internet donne de la place et permet un ton différent : Bakchich, Rue89, Slate… Internet permet une lecture sélective (que des billets d’humeur, que des potins, que de l’analyse financière…). Le lecteur se ré-approprie donc une capacité à choisir ce qu’il veut savoir et comment il veut l’apprendre. Et ça, c’est bon.
Et c’est vrai que le journal ne garantit pas une meilleure info :
- Approximations, répétitions, compte-rendu… Pressés par le temps, les journalistes papiers n’apportent pas forcément quelque chose “en plus”. Jay Rosen, prof de journalisme à NYCU parle du “il a dit / elle a dit – journalisme”. Vous savez, ces espèces de papiers sur une demi-page rapportant pour la énième fois la position d’untel et la réponse de l’autre à untel, et que l’autre remet en cause et qu’untel… tout au long des pages des quotidiens. Au lieu d’un long reportage démontant l’argument d’untel et disant que l’autre ne dit pas tout. Le papier est plus fort s’il apporte du bon gros dossier, pas s’il rapporte… tout court. Quand on lit un article et qu’on en apprend rien, c’est assez frustrant.
- En même temps, quel plaisir de se perdre dans une grande enquête de XXI, du Canard... de suivre les plaidoiries avec les journalistes / chroniqueurs d’audience… de garder une page, précieusement parce que le ton nous a touché / l’idée de sortie proposée / … nous a plu. La matière des journaux, des publications, a une poésie particulière qu’Internet ne pourra lui voler.
On pourrait dire alors qu’il y a de trop dans les journaux : l’info basique, la réaction à chaud, le scoop : maintenant c’est sur Internet. Le reportage, l’analyse, les bons mots, les grandes photos, les histoires… gardent toutes leurs places dans des journaux papiers, débarrassés des scories de la politique politicienne, des élections traitées comme des courses hippiques, de la multiplication des sondages qui ne veulent rien dire…
Après ça, du coup… toutes les questions financières : trop de journaux ? Pas assez de capitaux ? Impression trop chère ? Manque de lecteurs ?
Suivant une réflexion économique simple, peut-être qu’on a manqué d’investir dans le journalisme papier, à un moment, pour lui donner sa force : l’investigation. Cet investissement manqué coûte beaucoup aujourd’hui car même si on investit maintenant, cela ne changera pas le sens de l’histoire immédiatement. Alors, patience. Et en attendant, vive Internet.
Moi je dis ça, je sais pas ce que vous, vous en pensez, hein ?
PS : et sinon, j’aime bien beaucoup les photos si dessous. Voilà.



L’ironie
Je voulais parler de sujets sérieux. Et puis, je n’ai pas d’idée.
Je lis L’Education d’une fée, de Didier van Cauwelaert. Et à la page 165, on trouve la meilleure façon de décrire une ville :
- c’est joli, Vancouver ?
- C’était la première fois que je voyais l’automne, les arbres en couleurs. Sinon, il pleut tout le temps, les gens font du jogging à sens unique sur des pistes fléchées, avec leur capuche et leur walkman, ils adorent leur ville, parce qu’en vingt minutes ils sont mille mètres plus haut, des skis au pied; ils mangent très sain, ils boivent très peu, ils sont les premiers de tout le Canada pour le taux de suicide et doivent payer cinq cents dollars s’ils ne ramassent pas les crottes de leur chien.
Fantastique, non ?
Alors, si on disait : c’est joli, Lyon ? Je répond :
Quand je suis venue, la première fois, j’ai été éblouie par les couleurs si chaudes, le temps si beau. Sinon, c’est une petite ville de province qui joue à être une métropole, où les gens passent leur temps à faire du shopping, soit rue de la Ré, soit à la Part-Dieu; elle avait un patrimoine culinaire, on ne le découvre qu’à 300 euros minimum chez Bocuse, ou à tous les coins de rue, à 10 euros, dans un bouchon quelconque; le climat est génial mais l’ambiance est pourrie et la ville est sale, même si on dirait que seuls des riches l’habite.
Hum. Pas si facile que ça, l’ironie.


“Mais que foutait Dieu avant la création” – ou Linux est arrivé




Pénétrons un instant dans le monde de Linux. Et abordons aussi la vente forcée.
LINUX
Nous avons là un environnement développé par beaucoup de gentils geeks, qui s’installe en deux minutes sur votre ordinateur. Vous avez le droit de conserver votre système de base : mac, windows, comme vous voulez. Après, quand vous presserez Start, la machine vous demandera sous quel système vous voulez ordinater.
Ça vous semble compliqué ? Ça ne l’est pas.
En fait, Linux a beaucoup de versions différentes.
Y’a celle des forts, ceux qui programment, qui parlent en 1 et en 0 et tout. Considérez que le temps que vous passez sur FB en cours ou au boulot, eux le passent à trifouiller des programmes, quoi.
Y’a celle des simples mortels : vous et moi. Elle s’appelle Ubuntu. Le truc, vous l’installez (par un CD, par exemple). Et puis après, surprise ça marche. Pas de programmation, on se casse pas la tête. Oui, les programmes ne s’appellent pas pareils. Oui, on zone un petit peu avant de s’y retrouver. Mais juste quelques minutes. Et après…
… après c’est magique, parce que vous êtes libres.
Tous les programmes que vous utilisez sont libres, mis à jour constamment par les geeks sus-cités. Pas d’obsolescence, vous êtes toujours à jour.
Il n’y a pas de virus, puisque vous ne craquez pas des versions de logiciels payants qui peuvent contenir plein de *****. (Bah oui, hein, après, ça ne sert à rien d’avoir un antivirus, les gars).
Un problème ? Pas de problème ! Vous avez divers forums, avec des réponses claires sur ce qu’il faut faire. Un vrai blocage ? La “communauté linux” en ligne peut même vous aider à programmer votre ordi pour résoudre le bug. Vous n’aurez alors qu’à faire un copier-coller.
Enfin – c’est là que c’est génial – vous avez accès à une banque de logiciel quasi infinie (pour Ubuntu, plus de 26 000). Adieu Word (payant), bonjour OpenOffice. Adieu Adobe photoshop (payant), bonjour Gimp.
Et ainsi jusqu’à plus soif. Je suis journaliste. Avec Linux, je dispose d’un logiciel de PAO pour faire le journal de l’école, de quoi faire des sites Internet, monter une vidéo… Tandis qu’il m’en couteraît – hum, voyons voir – 590 euros au moins pour les mêmes logiciels Adobe… Et je peux en équiper tous les ordinateurs de l’école… Alors qu’Adobe ne me vendrai, dans le pack à 500 et quelques euros, que trois ou quatre licences d’utilisation.
J’en viens maintenant à la vente forcée.
Quand vous achetez un ordinateur, on vous vend windows avec. Presque quasi-toujours. Le vendeur vous enfonce dans la tête que sinon, c’est compliqué/ difficile / pas compatible / et qu’en plus là, vous avez une hot line (payante). Vous vouliez un ordinateur, on vous file le matériel technique + de quoi l’utiliser (l’environnement) = un des nombreux Windows : ça coûte cher et y’aura une nouvelle version dans un an. Payante. Encore.
Il y a donc deux problèmes : le déficit d’image de Linux, alors que c’est une forte communauté sur le Net, qui propose un produit fortement innovant et le quasi monopole de Windows, imposée par les marchands.
Est-ce que c’est logique ?
PS : Si vous n’aviez pas reconnu, l’autocollant sur la photo est une oeuvre d’Amnesty international, contre l’esclavage. Quant au titre du billet, il provient encore une fois d’Elisabeth et des rues de Croix-Rousse.
Euro – peines
Ce matin, radio allumée,
François Fillon vitupère que
les élections c’est un plébiscite pour le petit chef,
que le PS n’a aucune force de proposition,
que le 7 juin, il faut soutenir la politique de Sarkozy…
Quelques jours avant, Martine Aubry disait que
les européennes devaient être un camouflet pour le petit roi,
un moyen de marquer son désaccord d’avec des politiques honteuses,
que l’UMP n’est pas prête pour le job, que la droite n’a pas d’idées…
C’est ça, la vision européenne du PS et de l’UMP…
Laurent a dit qu’il manquait une proposition politique forte, pour que les Français s’intéressent enfin aux enjeux européens.
Moi je dis :
qu’on manque de ce qu’on ne sait pas ce qu’est l’Europe,
avec ses qualités et ses défauts,
ses méandres bureaucratiques,
ces règlements inutiles que les europhobes compilent comme autant de preuves, dans d’autres pays,
on pourrait se moquer, ça serait bien, pointer du doigts qu’il y a trop de documents, pas encore traduits, pas encore de traducteurs pour les nouveaux entrants, au moins trois de retard de diffusion dans toutes les langues européennes, de décisions prises il y a… On est fort, en Français, pour critiquer alors critiquons, critiquons !
Au moins l’Europe sera plus proche.
Si on veut pas d’un rosé fabriqué à la sauvette, si on veut être toujours plus libre de voyager dans chaque pays comme sur Internet, si on veut un plombier polonais ou autrichien, d’ailleurs… Ce serait bien que les gens pour qui ont vote s’intéressent vraiment au levier européen…
Ils sont où, les hommes et femmes politiques, qui incarneraient l’Europe, plus qu’une ambition personnelle,
les Neuwirth et Simone Weil,
qui ferait passer la pilule d’une Union encore trop mal considérée…



